Zeldada

Zeldada (2026)

Un conte merveilleux entre dans la machine. Une règle simple s’applique : transforme ce récit en dystopie. La version obtenue devient la matière du cycle suivant. Et ainsi de suite.

Zeldada réunit sept contes merveilleux inédits, écrits par sept conteuses, et les confie à un petit modèle de langage local, installé sur un Raspberry Pi. Le récit se déraille, itération après itération : les personnages s’effacent, la syntaxe se désarticule, les images se disloquent. Puis les mêmes fragments reviennent, le vocabulaire se resserre. Le texte finit par ne plus changer du tout. C’est la cristallisation.

L’installation se déploie en sept dispositifs autonomes. Chacun présente un conte différent sur un écran ultralarge divisé en trois colonnes : à gauche, le texte original tel que son autrice l’a écrit ; au centre, la première réécriture ; à droite, une nouvelle version s’écrit en direct, à raison d’une à trois minutes chacune. Un bouton relance le cycle. La machine est amnésique : chaque fois, elle repart comme si rien n’avait jamais eu lieu.

Ce projet prolonge une question qui traverse mon travail depuis les débuts : qu’est-ce que la forme fait au contenu ? Le conte oral se stabilise par l’usage, par répétition, en perdant ce qui ne porte pas. La machine fait quelque chose d’analogue, mais par pression statistique. Ce n’est pas la même chose. L’écart entre les deux régimes, c’est ce que Zeldada donne à voir.

Production : Les Contes branchés.